Les jeunes adéquistes réagissent aux propos des jeunes libéraux

Québec, le 14 mars 2009 — En fin de semaine, les jeunes libéraux tiennent une assemblée sur le thème de l'équité entre les générations. Leur président, Julien Gagnon, a publié une lettre vendredi matin concernant le sujet. Tout semble indiquer que M. Gagnon n'a pas pris connaissance des pertes de 22,4% du Fonds des générations avant d'écrire cette lettre puisqu'il fait l'éloge du Fonds sans mentionner un mot sur ces pertes. Le Directeur des communications de la Commission des jeunes de l'ADQ réagit à cette lettre via le texte d'opinion suivant.

Les jeunes libéraux doivent avoir le courage de leurs convictions

Quel a été mon étonnement vendredi de lire dans Le Soleil le président de la Commission-Jeunesse du PLQ faire l'éloge du Fonds des générations alors qu'on apprenait cette semaine que ce dernier venait de perdre 22,4% de sa valeur, soit l'équivalent de 326 millions de dollars! Ces pertes sont directement reliées au fait que Jean Charest a préféré confier la gestion du remboursement de la dette québécoise - et de facto l'avenir financier de notre génération - entre les mains d'une institution financière à risque plutôt que de procéder à un remboursement direct.

Le président des jeunes libéraux s'interroge dans son texte sur le fait que l'ADQ ait toujours été contre l'existence du Fonds des générations. La raison est fort simple : à quoi bon placer l'argent destiné à rembourser la dette dans un Fonds, alors qu'on peut éviter le risque de faire des pertes comme celles qui viennent de se produire en remboursant directement ce que l'on doit ?

Le président sera sûrement tenté de me répondre par la ligne de parti que dicte Jean Charest à propos de la question de la dette. Cette ligne reprend deux arguments pourtant faibles.

Leur premier argument est que l'agence de cotation Moody's a relevé la cote de crédit du gouvernement québécois à la suite de la création du Fonds des générations. Ceci est complètement illusoire, notre cote de crédit ne changera rien à la taille de notre dette, elle est seulement utile lorsque l'on veut emprunter de l'argent, donc lorsque le gouvernement entend à nouveau aller en déficit. On parle ici du remboursement de la dette et les Libéraux applaudissent le fait que l'on puisse emprunter encore plus! De plus, je crois qu'il est important de rappeler au président des jeunes libéraux que Moody's et la firme Standard & Poor's ont tous deux récemment placé la cote de crédit de la Caisse de dépôt sous surveillance et le Fonds des générations est géré par cette dernière.

Le deuxième argument des Libéraux en matière de dette publique est que les sommes déposées dans le Fonds des générations "fructifient selon un taux de rendement plus élevé que celui payé par le gouvernement sur ses emprunts". Encore une fois, on se demande où était le président des jeunes libéraux cette semaine. Le taux de rendement du Fonds des générations en 2008? -22,4%. En plus d'être moins que les intérêts que l'on paiera cette année sur la dette, c'est un rendement tellement médiocre qu'il annule pratiquement tous les versements qui ont été faits dans le Fonds depuis 2006. En effet, avec les pertes de la Caisse, il ne reste plus que 1,13 milliards de dollars dans le Fonds. Cela ne correspond même pas à 1% de la dette brute du Québec qui totalisait en 2008-2009 148,2 milliards (faut-il le rappeler à Jean Charest?). De plus, cette dette brute augmentera encore cette année comme l'a annoncé Monique Jérôme-Forget.

Comment peut-on vanter les mérites d'une méthode de remboursement aussi inefficace et en même temps se proclamer le défenseur des intérêts de notre génération ? Les jeunes libéraux auraient avantage à ouvrir leurs oeillères : ce n'est pas avec les mains de Jean Charest et de Monique Jérôme-Forget sur le volant que notre génération va tirer son épingle du jeu.

A notre avis, il serait beaucoup plus efficace de rembourser la dette directement, d'autant plus qu'on mettrait l'argent destiné aux jeunes à l'abri d'un gouvernement mesquin qui voudrait piger dans le Fonds comme l'a proposé le PQ et QS, à l'abri aussi des pertes de la Caisse de dépôt et à l'abri des intérêts sur la dette qui, accumulés, correspondent à la troisième dépense en importance après la santé et l'éducation. Voilà pourquoi l'ADQ a toujours été contre le Fonds des générations.

L'aile jeunesse de notre formation politique aura l'occasion de voter des propositions sur l'équité entre les générations dans un avenir rapproché. Peut-être que les jeunes libéraux qui prennent la situation au sérieux auraient avantage à tendre l'oreille le moment venu et à demander conjointement avec nous un remboursement direct de la dette. Après tout, ne livrons-nous pas tous ensemble le combat de cette génération ?

La question de l'équité entre les générations en est une trop importante pour faire de la partisannerie politique. Le Québec a déjà connu une Commission-Jeunesse libérale qui avait le courage de se dissocier de son parti lorsque celui-ci allait à l'encontre de ses convictions profondes. Tout comme nous, ils voient le problème d'iniquité intergénérationnelle et le mur qui s'en vient, mais ils hésitent à remettre en question les moyens pris par leur parti pour résoudre le problème, alors que ces moyens ont pourtant prouvé leur inefficacité. Après les piètres rendements de la Caisse de dépôt, est-ce que les jeunes libéraux qui seront réunis à St-Côme cette fin de semaine sont prêts à faire front commun avec les jeunes adéquistes pour demander au gouvernement un remboursement direct de la dette ?

Guillaume S. Leduc Directeur des communications Commission des jeunes de l'ADQ

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