Dépensez maintenant, payez dans 30 ans!

Une seule déclaration de Jacques Parizeau sur la mécanique référendaire et Jean Charest venait de trouver le prétexte idéal pour passer en douce un projet de loi d’une importance capitale pour les contribuables de demain. Pour ma génération, le projet de loi 40 modifiant l’équilibre budgétaire est carrément inacceptable. Alors que les journalistes et la classe politique s’excitent sur le plan autonomiste de Pauline Marois emprunté à l’ADQ, la commission des finances publiques étudie dans l’indifférence quasi-totale ce projet de loi. Le grand bâtisseur doit rire dans sa barbe!

En effet, son gouvernement s’apprête à introduire un mécanisme lui permettant de manipuler les règles comptables pour transformer en un coup de crayon magique un déficit conjoncturel en un déficit structurel, et ce, sans donner aujourd’hui un plan crédible encadrant l’équilibre budgétaire. « Afin d’atteindre l’équilibre budgétaire, le ministre présente à l’occasion d’un discours sur le budget, au plus tard à l’occasion de celui de l’année financière 2011-2012, des objectifs de déficits budgétaires décroissants pour chacune des années financières de la période qu’il détermine. » En somme, le gouvernement réinvente une formule des magasins à grande surface : ce n’est plus achetez maintenant et payez dans deux ans, mais plutôt dépensez maintenant, payez dans 30 ans!

En tant que jeune, je me questionne aussi sur l’omerta de la Commission-Jeunesse du PLQ envers leurs aînés de l’Assemblée nationale. Les jeunes libéraux ont déjà, par le passé, eu le courage de brasser un peu les choses à l’intérieur de leur parti. Ça ne semble pas le cas cette fois-ci. Enfin, il faut souligner un événement particulier survenu lors de l’étude détaillée le 11 juin : les députés libéraux ont ironiquement voté contre une motion qui aurait permis d’entendre les jeunes libéraux sur la dette et sur le projet de loi 40. Quelle est donc leur position ? Vont-ils dénoncer les pirouettes législatives de ce projet de loi et de leurs aînés parlementaires?

Considérant que le choc démographique sera lourd de conséquences pour les contribuables du sacro-saint modèle québécois, la Commission des jeunes de l’Action démocratique ne peut que dénoncer les intentions du PLQ avec ce projet de loi.

La Commission des jeunes adéquistes invite d’ailleurs depuis mars dernier les jeunes libéraux à réclamer l’abandon du Fonds des générations pour un remboursement direct de la dette publique, mais ces derniers n’ont jamais répondu à cette offre. Vont-ils répondre à l’appel ou être victimes de la loi de l’omerta?

Jean-François Landry, Président de l’association adéquiste de l’Université Laval (ADQ-Laval)

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Écrit par Jean-François Landry
Publié dans la catégorie ADQ

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1 Commentaire Et le vôtre? ↓

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    C’est aussi surréaliste de voir l’omerta des médias concernant le projet de loi 40. Effectivement, ces deux partis éculés et cossards ont réussi à détourner toute l’attention vers la vieille rengaine séparatiste-fédéraliste. C’est aussi surréaliste de voir les jeunes libéraux se fermer les yeux sur leur avenir car, tôt ou tard, le solde du compte de crédit devra être payé. Le pire, c’est que nous paierons dans 30 ans avec quel taux d’intérêt?



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