Les frais de scolarité, cette vache sacrée!

«Il va falloir revoir certaines vaches sacrées [...] Il va falloir prendre des décisions difficiles autant du côté des dépenses que des revenus. Mais arrêtons de pelleter nos problèmes en avant et de laisser des factures à nos enfants.» Voici ce que disait François Legault quelques jours avant de démissionner du Parti Québécois. Quelles sont donc ces vaches sacrées dont parlait l’ancien péquiste ? Il y en a plusieurs dans le modèle québécois qu’il faudra sacrifier. Aujourd’hui, je tiens à parler d’une de celles-ci, les frais de scolarité, qui concerne directement les jeunes.

Dans les dernières années, la Commission des jeunes de l’ADQ a pris position pour l’indexation des frais de scolarité et un renforcement du système de prêts et bourses. Essentiellement, cette position s’opposait à la vision surréaliste du gel des frais de scolarité prônée notamment par le Parti québécois et toutes sortes d’associations étudiantes. Récemment, je dénonçais le mouvement étudiant québécois qui, à mes yeux, ne met pas les efforts au bon endroit. En fait, en réclamant sans cesse des frais de scolarité plus bas, les associations étudiantes travaillent à contre-courant. La gratuité scolaire, ça n’existe pas. En bout de ligne, ce sont toujours les contribuables québécois qui devront payer pour les études d’une personne.

Avec les pertes de la Caisse de dépôt et placement, la hausse annoncée de la TVQ, les hausses à prévoir de divers tarifs, le vieillissement de la population et la montée en flèche du service de la dette, les générations futures en auront déjà plein les bras. Malheureusement, nous en sommes rendus à un point où le fardeau du contribuable de demain sera plus grand que le fardeau de l’étudiant d’aujourd’hui. Vous savez quoi ? L’étudiant d’aujourd’hui, c’est aussi lui, le contribuable de demain. Chaque dollar dépensé par le gouvernement pour subventionner des frais de scolarité aujourd’hui devra être remboursé dans 10, 15 ou 20 ans avec intérêts en sus. En réclamant sans cesse que le gouvernement emprunte pour financer les études aujourd’hui, une association étudiante augmente la charge qui pèse déjà lourd sur les générations futures. De ce fait, cette association nuit à ses propres membres.

Dans cette optique, lors de son prochain Congrès les 22 et 23 août prochains, la Commission des jeunes de l’ADQ tentera de convaincre ses membres de revoir sa position sur les frais de scolarité. Il est grand temps que nous adoptions une position beaucoup plus audacieuse que la simple indexation des frais de scolarité. Nous sommes la province dont les finances publiques posent le plus de défis aux générations futures, il est donc normal de remettre en question le fait que ce soit ici que nous déboursions le moins pour nos frais de scolarité. Je compte donc sur vous, les 22 et 23 août prochains à Lévis, pour venir défendre ce point de vue. Les modalités d’inscription au Congrès seront en ligne d’ici peu.

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Evaluation 3.60 sur 5
Écrit par Guillaume S. Leduc
Publié dans la catégorie ADQ

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1 Commentaire Et le vôtre? ↓

  1. Pierre-Olivier Bastien-Dionne #
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    Encore les divaguations de la gauche. Le gel des frais de scolarité est en effet une injustice intergénérationnelle. Je viens de faire le calcul, ajustée à l’inflation, une année normale de frais de scolarité au baccalauréat en 1993 coûtait 1892 $, prix toujours gelé, il en coûterait aujours’hui 2509 $ en dollars courants.

    Autre mythe, c’est que l’obtention d’un diplôme universitaire augmente le revenu de celui qui le détient. Malheureusement Statistiques Canada nous informe que c’est faux. Dans le rapport 2008 de l’OCDE, on peut constater que le Canada est un des pays industrialisés avec le revenu le plus bas pour ses diplômés universitaires et collégiaux. http://www.statcan.gc.ca/pub/81-004-x/2009002/chrt-graph/desc/desc-3a-fra.htm

    À lire aussi, l’excellent article du Québécois libre http://www.quebecoislibre.org/06/060122-4.htm

    Finalement, en ayant une éducation quasi gratuite, on icite davantages de personnes à emprunter la voie des études plutôt que celle du marché du travail, produisant un surplus de diplômés pour répondre à une demande donnée. Cette éducation est financée par la classe travaillante, qui souvent n’a pas emprunté cette voie. À cause de l’inflation imposée par la banque du Canada, l’éducation devient de plus en plus bon marché au fil des années, attirant davantages de personnes qui croient faire une bonne affaire en allant s’éduquer pour constater le manque de travail. Exactement le phénomène qu’on voit au Québec, une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, un surplus de diplômés, et une perte énorme de temps et d’argent. Si les gens payaient pour leur éducation, ils auraient une véritable idée du coût que cela engendre. L’éducation deviendrait un investissement, et sans distortion dans le libre-marché les gens sauraient quel métier choisir pour améliorer le plus leur sort.



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