Passer de la parole aux actes
Déception et surprise. Ce sont les mots qu’a choisis le président des jeunes libéraux, Julien Gagnon, pour réagir à ma lettre ouverte qui a été publiée dans le Journal de Montréal et Le Devoir cette semaine. Pour ma part, c’est de l’incompréhension que j’ai ressentie en lisant la sienne.
En effet, comment pourrais-je comprendre la logique derrière son acharnement à qualifier la commission jeunesse libérale comme étant la « seule aile jeunesse à défendre avec sérieux l’équité entre les générations » ? N’est-ce pas cette même aile jeunesse qui, il y a à peine quelques semaines, a été la seule à approuver la suspension de la loi sur l’équilibre budgétaire et les milliards de dollars que Jean Charest vient de facturer aux générations futures ? Comment peut-il en même temps être surpris de ma lettre alors que cela fait des mois que les jeunes adéquistes tentent de convaincre les jeunes libéraux de réclamer le remboursement direct de la dette ?
De plus, je ne peux comprendre pourquoi M. Gagnon tient toujours à défendre le Fonds des générations après qu’il ait perdu 22,4% de sa valeur à cause des déboires de la Caisse de dépôt, ce qui équivaut à un trou de 316 millions de dollars. Pourquoi ne pas rembourser directement la dette et mettre l’argent des générations de demain à l’abri de telles pertes ou de partis politiques qui affirment ouvertement vouloir piger dans le Fonds comme le Parti québécois ?
Comme si ce n’était pas assez, la valeur du Fonds augmente dix fois plus lentement que celle de la dette. Avec les derniers versements qui y ont été faits, le Fonds a une valeur comptable de 1.9 milliard de dollars. D’ici 2011, on y ajoutera 1,6 milliard de dollars supplémentaires, alors que la dette augmentera de 16 milliards de dollars grâce à la suspension de la loi sur l’équilibre budgétaire que les jeunes libéraux ont approuvée. Au total, en 2011, le Fonds des générations contiendra l’équivalent de… 0.02% de la dette brute du Québec!
Ensuite, M. Gagnon refuse les accusations de partisannerie politique que je lui ai faites. C’est vrai qu’il n’est pas agréable de voir la réalité en face, mais lorsque vous laissez passer des choses aussi inacceptables que le projet de loi 40, uniquement parce que c’est votre propre parti qui l’a déposé, vous devez vous attendre à une réplique. Même Force jeunesse, qui a déjà été de leur côté dans le passé, s’est retourné contre eux. Les jeunes libéraux font passer l’intérêt de leur parti avant celui des générations futures et cela constitue de la partisannerie politique, n’en déplaise aux Julien Gagnon de ce monde.
Dans sa lettre, M. Gagnon affirme qu’il n’hésitera pas à se positionner en faveur du virage de l’équité intergénérationnelle, avec ou contre son parti. Les deux défis que j’ai lancés aux jeunes libéraux pour leur congrès d’en fin de semaine tiennent encore. Ils ont une occasion en or de passer de la parole aux actes.
Martin-Karl Bourbonnais
L’auteur est président de la Commission des jeunes de l’Action démocratique du Québec
Publié dans la catégorie ADQ
M. Julien Gagnon a réussi à détourner l’attention de la loi 40 et du fond des générations vers des considérations plus futiles et vagues comme l’environnement et la cote de crédit du Québec. M. Gagnon se targue d’avoir fait épargner des millions en paiement d’intérêt grâce à une meilleure cote de crédit en créant le fond des générations, qui comme on le sait a perdu près du quart de sa valeur. Je connais une meilleure façon d’épargner de millions sur les intérêts de la dette: en la payant. M. Gagnon est-il un autre Keynésien qui croit que l’on peut s’enrichir en s’endettant? J’ai peur que les médias complaisant fassent encore un traitement de la nouvelle dirigé en faveur des jeunes libéraux. Voyons ce quie se passe en fin de semaine lors du congrès des jeunes libéraux.